La cascade : du brut au net à payer
Un bulletin de paie français se lit de haut en bas comme une cascade de retenues. En partant du salaire brut — le montant contractuel, celui qu’on négocie — trois familles de retenues se succèdent avant la somme qui arrive sur votre compte :
- Les cotisations salariales, prélevées sur le brut (environ 22 à 25 % selon le niveau de salaire et le statut) — elles financent retraite, assurance maladie et solidarité (CSG/CRDS).
- Le prélèvement à la source (PAS), l’impôt sur le revenu retenu chaque mois, calculé sur le net imposable — pas sur le brut.
- Les retenues annexes éventuelles : mutuelle, prévoyance, titres restaurant, acomptes, saisies.
Sur un brut de 2 500,00 €, le moteur NetWage calcule 1 978,99 € de net avant impôt pour un non-cadre, soit 521,01 € de cotisations salariales (20,84 % du brut). Ce niveau correspond à la page 2 500 € brut en net, pré-calculée avec les mêmes paramètres.
Le bloc des cotisations salariales
C’est la colonne la plus dense du bulletin. Chaque ligne combine un taux et une assiette — souvent le brut entier, parfois plafonnée au plafond de Sécurité sociale (PMSS, 4 005 € en 2026) :
| Ligne du bulletin (2 500 € brut, non-cadre) | Taux | Montant |
|---|---|---|
| Vieillesse plafonnée (≤ 1 PMSS) | 6,90 % | 172,50 € |
| Vieillesse déplafonnée | 0,40 % | 10,00 € |
| AGIRC-ARRCO tranche 1 | 3,15 % | 78,75 € |
| CEG tranche 1 | 0,86 % | 21,50 € |
| CSG déductible (base 98,25 %) | 6,80 % | 167,03 € |
| CSG non déductible | 2,40 % | 58,95 € |
| CRDS | 0,50 % | 12,28 € |
Trois lignes pèsent l’essentiel : la retraite de base (vieillesse plafonnée + déplafonnée), la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO (avec la CEG, qui ne génère pas de points), et le trio CSG déductible / CSG non déductible / CRDS calculé sur 98,25 % du brut. Le détail des taux ligne par ligne fait l’objet du guide des cotisations 2026.
Net social, net imposable, net à payer : trois « nets » différents
Depuis 2024, le bulletin affiche le net social : le montant perçu avant impôt, hors éléments non cotisables — c’est celui à déclarer pour les prestations sociales (RSA, prime d’activité). Il diffère de deux autres montants souvent confondus :
- le net imposable, légèrement supérieur au net avant impôt, parce qu’on y réintègre la part non déductible de la CSG (2,40 %) et la CRDS (0,50 %) — sur notre exemple, environ 2 050,22 € ;
- le net à payer, après prélèvement à la source — au barème neutre, un célibataire à 2 500 € brut verrait environ 1 919,53 € versés chaque mois.
Les cotisations patronales : invisibles mais bien réelles
À droite du bulletin (ou en bas sur le format simplifié) figurent les charges payées par l’employeur : maladie, famille, chômage (4 %), accidents du travail, retraite employeur. Elles représentent grosso modo 40 à 45 % du brut — votre 2 500 € coûte donc près de 3 625 € à l’entreprise. C’est le « coût total employeur », utile à connaître en négociation.
Cinq vérifications en deux minutes
À chaque paie, un contrôle rapide suffit à repérer l’essentiel des erreurs :
- Le brut correspond-il au salaire contractuel, primes et heures supplémentaires incluses ?
- Le cumul imposable (colonne « cumul ») avance-t-il normalement par rapport au mois précédent ?
- Le taux de PAS est-il celui affiché sur votre espace impots.gouv.fr ?
- Les lignes conventionnelles — mutuelle, prévoyance, convention collective indiquée en en-tête — sont-elles cohérentes avec votre contrat ?
- Le net à payer colle-t-il à ce qu’un calcul brut/net raisonnable attend, à quelques euros près ?
Un écart de plus de quelques euros appelle une question à la paie ou au service RH — la plupart des écarts s’expliquent (13e mois, régularisation de taux, ticket restaurant) mais certains sont de vraies erreurs.
Les lignes qui font varier votre bulletin
Si votre fiche de paie s’écarte du calcul ci-dessus, les suspects habituels sont : la mutuelle et la prévoyance conventionnelles (non modélisées — elles dépendent de votre convention collective), les tickets restaurant, les heures supplémentaires (défiscalisées mais cotisées différemment), les primes et l’Alsace-Moselle (cotisation maladie salariale de 1,30 %). Le simulateur brut/net rejoue votre cas en un instant ; la page méthodologie liste précisément le périmètre calculé. Estimation indicative calculée avec les paramètres officiels en vigueur — pas un bulletin de paie, ni un conseil fiscal ou juridique.