Ce que le PAS prélève — et sur quoi
Le prélèvement à la source est une retenue d’impôt sur le revenu, pas une cotisation : il n’ouvre aucun droit social et ne figure pas dans le bloc des cotisations. Son calcul est simple en apparence : net imposable × taux. Deux subtilités comptent :
- la base n’est ni le brut ni le net à payer, mais le net imposable — le net avant impôt augmenté de la CSG non déductible (2,40 %) et de la CRDS (0,50 %) ;
- le taux n’est pas choisi par l’employeur : il est transmis par l’administration fiscale, calculé sur votre dernière déclaration.
Comment le taux personnalisé est calculé
Chaque septembre, l’administration recalcule votre taux à partir de la déclaration de l’année : impôt total du foyer ÷ revenus imposables du foyer. Ce taux unique s’applique ensuite à tous vos revenus « prélevés » (salaires, pensions, revenus assimilés). En cas de changement de situation — mariage, naissance, hausse de salaire — vous pouvez demander une modulation sur impots.gouv.fr ; le nouveau taux est transmis à l’employeur sous quelques mois. Les couples peuvent aussi opter pour le taux individualisé, qui répartit la charge selon les revenus de chacun sans changer le total dû.
Sans taux personnalisé : le barème neutre
Premier emploi, employeur étranger ou refus de transmission : le salaire est prélevé au taux neutre, une grille légale qui assimile tout salarié à un célibataire sans enfant. Au net avant impôt de 1 978,99 € (pour 2 500 € brut), la grille 2026 retient la tranche à 2,90 % : le moteur calcule un net à payer de 1 919,53 €, soit un prélèvement effectif de 3,00 % sur le net. Attention : si votre taux réel est plus faible, la différence n’est régularisée qu’à la déclaration suivante — le taux neutre fait « avancer » l’impôt.
À noter : l’employeur ne reçoit que le taux, jamais le détail de votre déclaration ni vos autres revenus. Le taux reste une donnée fiscale protégée — c’est précisément pour éviter de révéler des revenus extérieurs que l’option « non transmission » (taux neutre) existe, au prix d’une retenue souvent plus forte.
Couples : taux unique ou individualisé
Par défaut, les deux membres d’un couple partagent le même taux de prélèvement — logique, puisque l’impôt est calculé sur le foyer. Mais si les revenus sont déséquilibrés, le mieux payé « subventionne » le moins payé mois après mois. L’option taux individualisé attribue à chacun un taux propre calculé sur sa part des revenus, le complément étant réglé en fin d’année si besoin. Le total d’impôt du foyer ne change pas : seule la répartition mensuelle bouge. C’est une case à cocher sur impots.gouv.fr, pas une optimisation fiscale.
Moduler, corriger, régulariser
Le taux figé en septembre peut devenir faux en cours d’année — perte d’emploi, hausse de salaire, divorce. Le service « Gérer mon prélèvement à la source » permet de déclarer une variation de revenus ou de situation : l’administration recalcule un taux provisoire, transmis à l’employeur sous deux à trois mois. Sans modulation, le trop ou pas assez perçu se règle à la déclaration suivante — crédit d’impôt ou solde à payer en septembre. Point important : une erreur de taux ne crée ni ne supprime d’impôt, elle ne fait qu’en décaler le paiement.
Exemple chiffré : personnalisé vs neutre
| Scénario (2 500 € brut, non-cadre) | Net avant impôt | Net à payer |
|---|---|---|
| Taux neutre (barème 2026) | 1 978,99 € | 1 919,53 € |
| Taux personnalisé 7,5 % | 1 978,99 € | 1 825,22 € |
L’écart de 94,31 € par mois illustre pourquoi la transmission du bon taux compte au quotidien. Le simulateur accepte un taux saisi ou le barème neutre : testez les deux dans le simulateur brut/net. Sources : grille BOI-BAREME-000037 (BOFIP) et service-public — voir la méthodologie. Estimation indicative calculée avec les paramètres officiels en vigueur — pas un bulletin de paie, ni un conseil fiscal ou juridique.